Folie
Concert Madness, Lyon, le 7 juillet 2013
Concert Madness, Lyon, le 7 juillet 2013
Conseillé par Valérie, acheté par VanSlem
Le Tour est parti depuis samedi passé. De Corse.
Je suis très attachè à la Corse. En effet, j'ai fait un camp de jeune vers l'âge de 12 ans. Nous sommes partis début juillet avec les copains/copines de l’Aumônerie (j'étais jeune alors) pour 3 semaines en Corse.
4 groupes : le premier faisait un camp artisanat dans la pointe de la Corse, un second traversait les monts à pied, un troisième faisait le tour de Corse en vélo et le dernier, le mien, devait construire un chiotte, des ouaters quoi, près du dernier refuge au pied du Monte Cinto. De plus, nous devions construire une barrière anti cochons sauvages devant le refuge. Une vingtaine de gars, de filles, 3 adultes, tout le matos, sable, ciment, poutres, planches, clous etc...
Après le voyage en bateau, de nuit, ma première traversée, nous sommes arrivés à Bastia. Je me rappelle d'un fada qui nous avait branchés sur le port, seul souvenir de Bastia. Un car jusqu'à Calacuccia et Lozzi et la montée à pied jusqu'au refuge. Ça montait, plein cagnard, ça je m'en souviens.
Je me souviens du refuge, sans électricité. Je me souviens du trou qu'on a creusé : deux mètres par deux mètres par deux mètres. On avait vu grand. On devait être très précautionneux...
Je me rappelle avoir fait du ciment dans une grande bâche en s'y mettant à tous, en brassant le mélange.
Je me rappelle d'avoir appris, à ce moment là, le théorème de Pythagore, pour pouvoir poser nos montants d'angle en respectant un bon rectangle.
Je ne me rappelle pas avoir cloué les planches, l'ai-je fait, était-ce d'autres ?
Je me rappelle d'une sortie pour faire le ravitaillement. On est remonté, les sacs pleins, en plein soleil. J'ai eu un coup de mou, j'ai fini épuisé..
Je me rappelle être monté au sommet du Cinto. Une vue !!!
Je me rappelle les melons mis sous le filet d'eau pour les rafraichir pendant la nuit et le demi melon qu'il restait le lendemain matin car les cochons sauvages avaient mangé le reste.
Au bout de quinze jours, la barrière était posée, la "cabane" des chiottes finie, sauf la porte que nous n’avions pas pu poser. Il me semble que le jour de notre départ, le chiotte avait été "inauguré". Pas par moi, promis.
Car, pour la dernière semaine, nous devions rejoindre Venaco via Corte pour faire une battue aux mouflons, les compter pour aider les gardes du parc naturel régional de Corse dans le suivi de ces animaux.
Je me souviens du trajet entre Lozzi et Corte pour attraper le train. Nous avons suivi un torrent, il faisait si chaud. On a pris du retard, 1 heure. Mais le train, lui, avait 2 heures de retard.
Je me souviens de la voie unique du train, d'avoir voyagé dans les toilettes du train, car le train était bondé.
Je me souviens pas trop de Venaco, je crois qu'on a dormi dans une école ou une salle des fêtes.
Je me souviens d'avoir mis ma salopette bleue pour faire la battue. Je me rappelle des consignes. Les mouflons voient peu mais ont une excellente ouïe, donc, pas de bruit, se déplacer en silence.
je faisais parti des rabatteurs. nous sommes entrés dans le maquis, ça piquait, on avançait, tranquilles. D'un coup, j'entends un garde crier : "le gars en bleu, à ta droite". Je regarde, je vois rien et d'un coup, j'entends une cavalcade. Mais j’ai absolument pas vu de mouflons. Ni aucun autre pendant le reste de la battue.
Je me souviens que les gardes étaient contents de notre travail (!!).
On a finit en train jusqu'à l'Ile Rousse. On y a passé trois jours sur la plage et au camping. Je me souviens avoir vu mes premiers chanteurs corses, bien avant I Muvrini. Je me rappelle qu'entre deux chants, ils nous disaient que les plastiqueurs, c'étaient pas eux, mais les autres. Eux, ils étaient juste indépendantistes. Mais ça, ça me passait largement au dessus de la tête.
Retour en bateaux, à hurler des chansons pendant la moitié de la nuit. Retour à la maison.
Je n’ai jamais revu mon chiotte. je pense que la photo ci-dessous est le refuge où nous étions, et vu l'état, je suis triste. Je n’ai jamais revu la Corse depuis 38 ans.
Le Tour est parti de Corse. Et je n'en ai pas vu une seule image. Pas envie. Pour moi, c'est là-haut que je veux aller, revoir mon chiotte. Et le Cinto.
Bon anniversaire à Dan Aykroyd. Everybody needs somebody to love